En décembre 1938, les SS créent Neuengamme, un sous-camp du camp de Sachsenhausen…
En décembre 1938, l’entreprise Steinwerke-DESt envisage de moderniser et faire refonctionner une briqueterie située à Neuengamme, près d’Hambourg. La main d’œuvre est toute trouvée auprès des prisonniers du camp de Sachsenhausen.
Les prisonniers, logés sur place, travaillent et participent à la construction du camp. En juin 1940, le camp de Neuengamme devient un camp concentration à part entière et autonome. Les prisonniers, sont principalement des Allemands. Peu de juifs jusqu’en 1942, mais, pour faire de la place aux prisonniers d’autres pays, les SS tuent les juifs sur place ou les transfèrent à Auschwitz. Pas beaucoup plus d’espoir pour eux, malheureusement !
Les Français sont environ 11 500, les plus représentés sont les Russes, 34 350, les Polonais, 16 900, les Allemands, 9 100, puis les Néerlandais, les Danois et les Belges. Au total, entre 104 000 et 106 000 personnes sont emprisonnés à Neuengamme entre Décembre 1938 et mai 1945, dont 13 500 femmes.
Les conditions de vie sont désastreuses : manque de nourriture et de médicaments, insalubrité, le travail forcé – reconstruction de la briqueterie, aménagement du canal Dove-Elbe –, les coups et maltraitances, etc.
Dès 1942, le camp ne peut se permettre de garder les prisonniers trop faibles. Le personnel médical du camp tuent régulièrement ces prisonniers par injection létales.
Neuengamme qui ne cesse d’accueillir des prisonniers se trouve dans l’obligation de créer des sous-camps, environ 80.
Au printemps 1945, les forces britanniques avancent sur le camp que les SS vident en envoyant certains prisonniers à bord de bateaux, le Thielbeck et le Cap Arcona, qui seront pilonnés par les alliés, et en tuant les autres. Le registre des décès, au 10 avril 1945, indique qu’environ 40 000 prisonniers sont décédés dans le camp de Neuengamme.
Envoyé à Neuengamme par la Gestapo, Henri HAULOT, Seine-Portais, torturé, prisonnier NN, y décède le 28 novembre 1944.

A la fin de la guerre, les autorités britanniques d’occupation installent un camp d’internement. En 1948, la ville de Hambourg utilise le terrain et les bâtiments comme site pénitentiaire et y construit deux prisons. Après beaucoup de palabres et de controverses, la commune ferme les deux prisons et le site est restitué pour être un lieu de commémoration.
Aujourd’hui, le site a été agrandi en centre d’exposition et d’étude à l’endroit de l’ancien camp des déportés.
Je vous invite à naviguer sur la toile et à consulter les deux sites : Encyclopédie Multimédia de la Shoah ainsi que celui du souvenir allemand, KZ-Gedenkstätte-Neuengamme. Je ne me suis intéressée qu'au camp de concentration de Neuengamme, mais les autres camps sont tout aussi importants à lire et à connaître…
Sources :
- Encyclopédie Multimédia de la Shoah https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/article/neuengamme
- Archives Nationales Pierrefitte – Cote F/9/3213 – Liste Officielle n° 2 des décédés dans des camps de concentration – Neuengamme
- KZ-Gedenkstätte-Neuengamme
https://www.kz-gedenkstaette-neuengamme.de/fr/historique/camp-de-concentration/