Il est temps de récompenser, outre les soldats, les régiments ou toutes unités formant corps !...

La circulaire du 21 avril 1916 crée un insigne destiné à rappeler d’une façon apparente et permanent les actions d’éclat de certains régiments et unités formant corps cités à l’ordre de l’armée.
Cet insigne est une fourragère tressée aux couleurs de la croix de guerre, rouge et vert. La fourragère est portée au bras gauche. La fourragère fait partie de l’uniforme de ces régiments et unités formant corps. Il faut appartenir au régiment pour pouvoir la porter !


Les régiments et unités formant corps cités à l’ordre, qui auront doit au port de la fourragère, seront désignés par le général commandant en chef les armées françaises ou par le commissaire résident général au Maroc, en ce qui concerne les troupes placées sous leurs ordres respectifs, par le ministre de la guerre, sur la proposition du général commandant en chef les forces de terre et de mer de l’Afrique du Nord ou des commandants supérieurs des troupes aux colonies, en ce qui concerne les troupes relevant de leur autorité. Cette désignation est publiée au Journal Officiel et au Bulletin officiel du Ministère de la guerre.
Le 3ème Régiment de Marche de Tirailleurs a été cité à l’ordre général de l’armée n° 477 le 28 janvier 1916.
Sous les ordres du lieutenant-colonel DE GOUVELLO, du 25 septembre au 1er octobre 1915, continuant la poussée du 3ème zouaves, s’est emparé dans une lutte ininterrompue, jour et nuit, des points d’appui successifs de l’ennemi, sur une profondeur de deux kilomètres et malgré de violents tirs de barrage de pièces de gros calibres, a enlevé d’assaut une tranchée fortement occupée et est arrivé jusqu’aux réseaux de fils de fer de la deuxième ligne de résistance de l’ennemi, où il s’est cramponné, repoussant toutes les contre-attaques. A pris douze pièces d’artillerie, 6 mitrailleuses et fait plus de deux cents prisonniers : s’est toujours fait remarquer depuis le début des opérations, par sa ténacité, son endurance et son élan dans les attaques.
Paulin MEMAIN participe aux combats de L’Epine de Vedegrange, entre Aubérive et Navarin, dans la Marne. Né le 27 août 1894 à Champagné-Saint-Hilaire, dans la Vienne, il est fils de Jean Vincent et Constance MILLET. Il est de santé faible mais, pourtant, la Commission de réforme de Poitiers le déclare « Bon pour le service armé » le 22 juin 1914. Paulin rejoint directement le 169ème Régiment d’Infanterie et passe au 3ème Régiment de Marche de Tirailleurs Algériens le 6 janvier 1915. Malade, il est évacué du 4 au 8 mars puis réintègre le corps. Il meurt pour la France le 28 septembre 1915.

Grâce à la bravoure des soldats formant ce régiment, grâce au don de la vie de certains, le 3ème Régiment de Marche de Tirailleurs peut arborer fièrement la fourragère !...
[Pour mieux comprendre le déroulement des journées du 25 septembre au 1er octobre, lire le Journal de Marche et des Opérations du régiment (Cote 260846/3) pages 9 à 12 sur le site de Mémoire des Hommes]