Qu'est-ce qu'une boutique éphémère pour une généalogiste ?...

La commune de Moissy-Cramayel, en Seine-et-Marne, met à la disposition de commerçants, artisans, artistes, associations, un local pour une durée d’une semaine. Cette boutique est donc « éphémère » puisqu’elle n’existe que le temps d’une semaine. Il faut justifier d’un SIRET/KBIS et d’une assurance à responsabilité civile professionnelle. Un bail est signé entre les deux parties.
Le locataire a donc la jouissance de cette boutique et peut l’aménager à sa convenance. Quel bonheur ! Mais les vacances scolaires ne sont pas propices à la vente pour les commerçants et artisans. La semaine 8 de 2024 étant libre, la municipalité m’a proposé d’y présenter une exposition… éphémère ! Une telle invitation ne se refuse pas, même si des doutes existaient : serais-je prête, les informations proposées sur le patrimoine vont-elles intéresser le public moisséen, … Bref, des doutes ! Je dois montrer, prouver peut-être, qu’une généalogiste professionnelle familiale est aussi très attachée au patrimoine locale. Depuis 25 ans que je réalise des recherches, que je rédige des ouvrages sur la commune, je commence à avoir une belle connaissance du passé, assez lointain, tant du patrimoine bâti que des personnes étant nées, ayant résidés, dans ce village, devenu ville.
Aucun investissement réel : si cela ne fonctionne pas, pas de perte ! Quelques impressions chez l’imprimeur local, GTI Josselin, quelques mises en cadre et le tour est joué. L’installation se fait dans l’après-midi, c’est assez « cocon », totalement différent de ces grandes expositions qui avaient lieu dans le hall de la mairie !
Le pari ? Avoir, sur la durée des 4,5 jours, une moyenne de cinq visiteurs/jour. Les dés sont lancés ! Mercredi 21 mars, 10h00, les portes sont ouvertes et déjà, un groupe attend : le centre aéré des Lugny, un accompagnateur et dix enfants de 6 à 9 ans. Ils sont très attentifs ces enfants ; les filles sourient lorsque je leur présente Magloire VAURY, maire de 1855 à 1887, celui qui a tenu ferme et bon pour que l’école inaugurée en 1886 soit à la fois pour les garçons et les filles ! Après quelques questions, le groupe me quitte. Dans la journée, 9 adultes passeront le pas de porte : de beaux échanges. Si ces visiteurs étaient heureux des informations que je leur communiquais, j’étais très heureuses des précisions qu’ils me donnaient. Je ne suis pas de la commune, je suis juste l’historienne, avec un petit « h », mais lorsque les visiteurs sont nés là, leurs parents aussi, que de richesses de mémoire !

Le jeudi, 7 visiteurs, le vendredi 12 et les deux autres centres aérés, Les Grès et Chanteloup – 4 adultes et une vingtaine d’enfants. Ce sera le samedi qui aura la plus grosse fréquentation : 14 personnes. Dimanche matin, 5 personnes, je n’y croyais pourtant pas… Certains étaient désireux d’une exposition telle qu’elle existait par le passé, mais impossible ! En effet, pour une expo de grande ampleur, il faut une année de préparation et, surtout, un groupe de travail : une personne seule ne peut pas assumer cela en plus de ses occupations personnelles. Des demandes ont été formulées : plus d’informations sur les deux « châteaux », sur le lavoir, sur certains commerces – le tabac de l’église, l’auberge du Cheval blanc -, j’ai pris note !
Les élus de la commune n’ont pas été en reste : eux aussi ont franchi le pas de porte. De beaux échanges encore, mais, et surtout devrais-je écrire, des idées pour faire passer la mémoire auprès des habitants : pourquoi pas des conférences ? Pas tous les mois, à partir de quand ? – septembre ? -, où ? – la petite salle de la Rotonde -, quels thèmes abordés – pourquoi pas commencer par le château de Cramayel ? Bref, nous avons fait un brainstorming. Maintenant, il faut se préparer, septembre est à la fois loin et proche…
Alors… mon bilan ? Une moyenne de 10 visiteurs/jour permet de dire qu’il y a une attente des habitants, jeunes et moins jeunes. Ce qui plaît, contrairement aux expositions habituelles, c’est ma présence. Je peux donner des compléments d’informations, présenter et expliquer l’exposition, répondre à des questions sur la commune, même si je peux ne pas savoir, je note et je reviens avec la réponse…
Donc, si la Passerelle, boutique éphémère, est de nouveau libre sur une période de vacances scolaires, je serais prête pour une autre exposition. Ayant noté les attentes des visiteurs, le lavoir sera présenté, des cartes postales anciennes, et, peut-être, l’histoire des propriétaires du château de Lugny. Je laisse de côté le château de Cramayel qui fera l’objet d’une conférence…
Je remercie sincèrement Enora T., en charge de la gestion de cette boutique éphémère. Elle était persuadée que cela fonctionnerait, elle m’a fait confiance et la municipalité a suivi. Merci aussi au service communication : MA semaine apparaissait sur de nombreux supports : les réseaux sociaux, les panneaux lumineux de la commune, les flyers, …