En 1813, l'entretien du ru est à la charge des riverains…
Mariette et Jeanne, comme à l’heure habitude, se retrouvent pour aller se promener à leur endroit favori : le ru des Hauldres. Ce tout petit ruisseau passe dans le nord de la commune, elles aiment à s’asseoir au bord et écouter le doux bruit du clapotis. D’autant que la neige a fondu et que le ru doit être bien alimenté !
Mais, alors qu’elles arrivent près du ru, que de bruits ! Que de monde ! Des hommes avec pelles et brouettes ! Etant d’un naturel curieux, les deux fillettes s’approchent et regardent : certains hommes retirent de la boue pour la verser dans la brouette, et d’autres partent à plein, et d’autres reviennent à vide…
Elles sont presque amusées de ce va-et-vient, mais elles sont surtout intriguées par ces hommes bien habillés qui vérifient le travail réalisé. Mariette reconnaît M. BELESME qui est cultivateur et aussi M. GEMPTEL, le chandelier. Le troisième homme est très bien vêtu : il doit être de la ville…
Déçues de ne pouvoir profiter sereinement de « leur » ru, elles rentrent à la maison. « Maman, maman, il y a plein de monde au ru ! Il y a même un monsieur de la ville ! – En effet, ils sont en train d’effectuer le curage. – C’est quoi le curage, pourquoi papa ne le fait-il pas ? – Le fond de la rivière est encombrée par la boue et si elle n’est pas retirée, la fonte des neiges va entraîner les inondations, pour les cultures et les bêtes, le trop plein d’eau dans les champs, ce n’est pas bon. – Oui, mais… pourquoi papa ne le fait-il pas ? – Parce que nous ne sommes pas propriétaires d’un terrain situé au bord du ru… »
Le curage du ru à Moissy-Cramayel
L’inspecteur des chemins vicinaux est venu inspecter le ru sur toute sa longueur dans le village de Moissy, puis, il a rendu un rapport à M. Le Préfet de Melun. Ce dernier estime qu’il est nécessaire d’effectuer, rapidement, le curage. Le conseil municipal, dans sa délibération du 10 février 1812 a reconnu la nécessité de ces travaux et a décidé que les frais étaient à la charge des propriétaires riverains. Il faudra aussi envisager la restauration des fossés mais avant la partie des basses eaux.

Le curage du ru des Hauldres étaient, au vu des délibérations du Conseil municipal de la commune, effectué trois à quatre fois par an. En 1959 est créé un Syndicat intercommunal…
Pour information : Le ru des Hauldres naît le village de Limoges-Fourches à l’Est de Moissy-Cramayel et traverse six communes : outre les deux premières citées, Réau et Lieusaint, en Seine-et-Marne, puis Tigery et Etiolles, en Essonne. C’est dans cette dernière commune que le ru des Hauldres se jette dans un bras de la Seine après un parcours d’environ 17 kilomètres.
Sources : CPA collection personnelle – Délibérations du Conseil municipal – 1D0001