Le 10 mai 1806 est formé le Corps enseignant sous le nom d'Université impériale…

La loi du 17 mars 1808 porte sur l’Organisation de l’Université. L’article 32 de l’alinéa 2 – des Titres attachés aux fonctions [des Membres de l’Université] crée les titres honorifiques destinés à distinguer les fonctions éminentes et à récompenser les services rendus à l’enseignement. Ces titres sont au nombre de trois : les titulaires, les officiers de l’Universités et les officiers des académies.
Il est précisé dans l’article 33 qu’à ces titres sont attachés des pensions et une décoration, une double palme brodée sur la partie gauche de la poitrine.
La décoration est brodée en or pour les titulaires, en argent pour les officiers de l’Université et en soie, bleue et blanche pour les officiers des académies.

Il est aussi précisé, dans ce même article 36, que le titre d’officier des académies pourra aussi être accordé par le grand-maître aux autres professeurs des lycées, ainsi qu’aux régents des collèges et aux chefs d’institution, dans le cas où ces divers fonctionnaires auraient mérité cette distinction par des services éminents.

Après de nombreux décrets et ordonnances royales, le décret du 24 décembre 1885 indique, dans son article 1er, que les décorations d’officiers d’académie et d’officier de l’instruction publique sont conférées par le ministre de l’Instruction publique, des beaux-arts et des cultes à raison de 1 200 pour les premiers et 300 pour les seconds, chaque année.
En 1914, le conseil des ministres suspend, pour la durée de la guerre, toutes les promotions de palmes académiques. Cette décision est reportée en 1921. Depuis la fin de la guerre, le ministre de l’instruction publique est quotidiennement saisi d’un nombre incroyable de demandes en faveur de personnes qui ne relèvent pas de l’enseignement public. Le décret du 25 mars 1921 précise dans l’article premier les dix catégories de personnes qui peuvent recevoir ces distinctions. L’alinéa 6 de cet article précise, entre autres, que le personnel des écoles primaires publiques peuvent se voir attribuer les palmes académiques.
C’est ainsi que Juliette Alix HUREAU veuve ROBIN est conférée Officier d’académie par décret du 11 juillet 1936 pour son poste de Directrice de l’école primaire de Moissy-Cramayel, en Seine-et-Marne.

Juliette Alix naît le 24 janvier 1885 à Villiers-sous-Grez, en Seine-et-Marne. Fille de Hippolyte Laurent et Alix Eugénie CAZABAT, elle est l’aînée d’un frère, Henri Bertrand, né en 1889 et décédé en 1893, et d’une sœur Annet Marguerite, née en 1898.
Elle et sa sœur, Annet, sont institutrices au Châtelet-en-Brie lorsqu’elle épouse Georges Louis Alphonse ROBIN, instituteur au même endroit. En 1908, le couple est affecté aux écoles de Blennes, où, deux ans plus tard, elle donne naissance à son fils, Marcel Georges.
La famille quitte Blennes pour Larchant, et Georges Louis est rappelé par l’Ordre de Mobilisation générale du 1er août 1914. Il est au 168ème Régiment d’Infanterie lorsqu’il décède le 1er octobre 1918 à Langemark, en Belgique.
En 1931, Juliette Alix est institutrice à Moissy-Cramayel. Elle réside à l’école avec son fils et sa grand-mère Marie Madeleine CÉSAR, âgée de 94 ans. Marcel Georges est vérificateur électricien et travaille pour la société Matériel téléphonique à Boulogne-sur-Seine.
Son fils se marie à Montcourt-Fromonville, le 11 mars 1934, avec Renée DESMAZURES. Puis Annet Marguerite décède, célibataire, le 24 septembre 1938 à Montigny-Lencoup, où elle enseignait. L’année suivante, Juliette Alix enterre sa grand-mère à Moissy-Cramayel.
Juliette Alix HUREAU quitte Moissy-Cramayel pour retourner s’installer dans sa ville natale où elle décède le 13 octobre 1947.
Qu'est-il advenu de cette distinction honorifique ? Est-elle en possession des descendants de Juliette ?...
Source
- BnF – Bulletin des Lois n° 185
- BnF – Bulletin des Lois n° 91
- BnF – Journaux officiels