Si les hommes avaient besoin du corps médical, médecins, infirmiers, …, les animaux – principalement les chevaux – avaient aussi besoin de soins !...

Par décision du 14 août 1915 – J.O. du 18 – le ministre de la Guerre récompense des médecins, des pharmaciens et des vétérinaires civils pour les soins ou les médicaments qu’ils donnent gratuitement, soit aux militaires de la gendarmerie, soit aux chevaux de l’arme. Les récompenses honorifiques vont de la simple lettre d’éloges à la médaille de vermeil en fonction du nombre d’années de soins gratuit :
- Dix années : lettre d’éloge,
- Quinze années : médaille de bronze,
- Vingt années : médaille d’argent,
- Vingt-cinq années : médaille de vermeil.
C’est ainsi que Lucien Albéric VERRIER, 50 ans, vétérinaire, reçoit la médaille de vermeil.
Qui est-il ?

Lucien Albéric VERRRIER – Classe 1885
Lucien Albéric, élève vétérinaire, s’est engagé à titre conditionnel auprès de la mairie de Lyon, le 3 novembre 1885 pour le 2ème Régiment d’Artillerie. Il obtient donc, en vertu de l’article 20 de la loi du 17 juillet 1872, un sursis d’un an à compter du 12 novembre suivant. Cet article laisse à penser qu’il envisageait plutôt une carrière dans l’enseignement et par un contrat de dix années signé devant le ministère de l’Instruction publique lui permettait de ne pas faire son service militaire. Ce n’est pas le cas ! Ainsi, l’article 21 de la loi du 17 juillet 1872 met fin au sursis et Lucien Albéric rejoint le 2ème Régiment d’Artillerie à Grenoble le 14 novembre 1886.
Lucien Albéric VERRIER termine ses études avec la brillante note de « Très bien ». Il est nommé aide-vétérinaire de réserve au 8ème Escadron du Train des Equipages par décret du 23 mars 1891 et réalise régulièrement des stages :
- Du 15 octobre au 11 novembre 1895 au 37ème Régiment d’Artillerie,
- Du 1er au 27 septembre 1897 et du 2 au 30 octobre 1892 au 16ème Régiment de Chasseurs.
Lors de l’appel sous les drapeaux, Lucien Albéric VERRIER est conscrit pour 20 ans (loi du 17 juillet 1872), il le sera durant 25 ans par application de la loi du 16 juillet 1889 et est donc dégagé de toutes obligations militaires le 1er octobre 1910.
L’attribution de la médaille honorifique de vermeil le 14 août 1915 signifie que, dès l’obtention de son diplôme, Lucien Albéric VERRIER a œuvré dans les soins aux chevaux de la gendarmerie à titre gracieux. Était-ce une pratique courante ou un choix volontaire ?

Même si l’aide, gracieuse, des vétérinaires civiles est présente, l’armée manque de personnel pour les soins aux animaux. C’est ainsi que la circulaire du 5 février 1916 permet à tous les étudiants ayant au moins deux années d’études et inscrits sur les contrôles des écoles nationales vétérinaires […] d’être employés, sur leur demande en qualité d’infirmiers dans les services vétérinaires de l’armée une fois leur instruction militaire terminée.
L’article unique de la loi du 31 décembre 1916 indique que les vétérinaires pourvus du diplôme délivré par une des écoles vétérinaires d’Alfort, de Lyon et de Toulouse, ayant servi trois mois aux armées en qualité de vétérinaire auxiliaires et classés dans le service armé pourront être nommés au grade de vétérinaire-aide-major de 2ème classe, à titre temporaire et pour la durée de la guerre.
Armand Léopold BOUTET
Né le 19 novembre 1872 à La Roche-Posay, dans la Vienne, Armand Léopold BOUTET est élève à l’école d’agriculture de Grandjouan lors de l’appel sous les drapeaux en 1892. Il est tout d’abord dispensé du service militaire en vertu de l’article 23 de la loi du 16 juillet 1889, puis, n’ayant pas rempli toutes les conditions, il est appelé le 7 décembre 1895 pour accomplir deux années de service actif.

Inscrit en tant qu’élève vétérinaire à l’Ecole de Maisons-Alfort, il rentre dans ses foyers le 3 mars 1896.
Diplômé le 28 octobre 1898, Armand Léopold est nommé vétérinaire auxiliaire de réserve au 33ème Régiment d’Artillerie le 3 mai 1903, puis affecté au 22ème Régiment d’Artillerie à Versailles, puis vétérinaire auxiliaire territorial au 22ème Régiment d’Artillerie le 26 juillet 1906.
Rappelé par l’Ordre de Mobilisation Générale du 2 août 1914, Armand Léopold BOUTET rejoint le 27ème Régiment d’Infanterie pour passer, ensuite, dans différents corps de troupes : 5ème Régiment du Génie, 16ème Escadron du Train des Equipages, 418ème Régiment d’Infanterie.
Le 20 décembre 1918, il est cité à l’ordre du 418ème Régiment d’Infanterie : « Officier apportant dans son service la plus grande activité, a été chargé à différentes reprises de missions périlleuses dans des secteurs violemment bombardés, s’est distingué notamment au cours des batailles devant Verdun et pendant les … de l’Aisne« . Il est ensuite envoyé en congé illimité de démobilisation le 30 décembre suivant.
A l’issue de la conscription militaire, maintenu dans les cadres de l’armée au 3ème Escadron du Train des Equipages, Armand Léopold BOUTET est promu vétérinaire aide major de 2ème classe le 13 mai 1922 pour prendre rang le 22 juillet 1921.

Chaque profession, chaque homme, ont eu leur part intégrante dans les personnels de la Première Guerre Mondiale !...
Pour
aller plus loin : Etablissement
agricole exemplaire de Grand-Jouan