Sur la plainte d'une bonne, Désiré LANDRU est arrêté le 12 avril 1919, chez lui, 76 rue Rochechouart !

Henri Désiré LANDRU est né le 12 avril 1869 au 41 de la rue Puebla, dans le 19ème arrondissement de Paris. Résidant chez ses parents, au 60 rue Blomet, Paris (15ème), il est élève architecte lorsqu’il est appelé au service militaire. Il rejoint le 87ème Régiment d’Infanterie le 15 novembre 1890. C’est apparemment un bon élément car il est promu caporal, puis sergent-fourrier, puis, sergent. A l’issue de sa période militaire, il est renvoyé dans ses foyers avec le certificat de bonne conduite.
Au cours de son service, il a rencontré Marie Catherine RÉMY et du fruit de ces relations est née Angèle Marie Henriette, le 24 juin 1891. Le mariage a lieu le 7 octobre 1893 : formalités pour régulariser l’enfant ou amour véritable ?… Trois autres enfants naissent de cette union : Maurice Alexandre, en 1894, Suzanne, en 1896 et Charles Eugène, en 1900.
Jusque là, une vie « normale » : marié, père de famille, … C’est sans compter que Henri Désiré LANDRU n’a de cesse que d’escroquer les gens ! Il a sûrement besoin d’argent : problèmes financiers, goûts de luxe, quatre enfants à nourrir, … Que de questions ! Par sept fois, entre 1902 et 1904, il va être condamné :
– le 24 février 1902 – Condamné par jugement par défaut de la 9ème Chambre du Tribunal correctionnel de la Seine à 3 ans d’emprisonnement et 500 francs d’amende pour escroquerie, abus de confiance
– le 21 juillet 1904 – Condamné par la Cour d ‘Appel de Paris à 2 ans de prison et 50 francs d’amende pour escroquerie et abus de confiance
– le 19 juin 1906 – Condamnée par la 10ème Chambre du Tribunal Correctionnel de la Seine à 2 ans de prison et 50 francs d’amende pour escroquerie et abus de confiance
– le 4 janvier 1910 – Condamné par le Tribunal de la Seine à 2 ans de prison et 50 francs d’amende pour escroquerie et abus de confiance
– le 28 mai 1910 – Condamné par la 10ème Chambre de la Cour d’Appel de Paris à 2 ans de prison et 100 francs d’amende pour escroquerie et abus de confiance (confusion avec la peine précédente)
– le 5 août 1910 – Condamné par le Tribunal de Lille à 3 ans de prison et 100 francs d’amende pour escroquerie et abus de confiance (confusion avec les deux peines précédentes)
– le 13 décembre 1915 – Condamné par défaut par la 10ème Chambre du Tribunal Correctionnel de paris à 4 ans de prison et 1 000 francs d’amende et à la relégation pour escroquerie
Henri Désiré LANDRU a donc été condamné, entre 1902 et 1915, à 18 ans de prison ! Il est certain qu’il n’a pas exécuté toutes les peines, mais, cela lui aura permis de ne pas partir à la Guerre !
Et puis, l’arrestation, le 12 avril 1919 ! Cette fois-ci, il n’est pas accusé d’escroquerie mais bien de meurtres : dix femmes et un enfant. Les « fiancées » de LANDRU ont disparu en août et octobre 1915, en janvier et autre mois de 1916, en mars et juin 1917, en avril août et autre date en 1918. Il s’agit de Mesdames CUCHET, et son fils, GUILLIN, MARCHADIER, BATELEY, JAUMES, BENOIST, PASCAL, BUISSON, LABORDE, toutes veuves, et de Mademoiselle COLOMB.

Ce n’est que le 13 mai suivant que la Une du journal Excelsior relate l’incident. Tout simplement que la commune de Gambais est devenue un lieu touristique… Pourquoi ? LANDRU occupe une maison dans le village. LANDRU est le seul point commun entre toutes les victimes.
L’Excelsior relate « La plupart des journaux ont donné une importance si grande à la disparition mystérieuse de nombreuses fiancées de Landru que Gambais, inconnu jusqu’ici, est devenu un centre important de villégiature. […] Jamais les affaires n’ont si bien marché dans le pays. […] On débite des boissons en plein vent et il y a tant de muguet odorant dans la forêt !«
Le 6 novembre 1921, soit 2 ans 6 mois et 6 jours après son arrestation, Henri Désiré LANDRU passe en comparution aux Assises de Versailles. Les débats sont dirigés par le Président GILBERT, l’accusation est soutenue par l’avocat général GODEFROY et la lourde tâche de la défense est assurée par Me DE MORO-GIAFFERI. Au Tribunal de Versailles, une simple petite salle pouvant accueillir environ 400 personnes est aménagée pour les beoins des audiences dont 105 pour les témoins et 85 pour la presse ! Dans la ville, personne n’est intéressé par « l’Affaire LANDRU » : un jugement comme un autre…