Sont considérés "Alsaciens-Lorrains" ceux qui n'ont pas opté pour la nationalité française après la Guerre 1870-1871, conformément aux articles 2 du Traité du 10 mai 1871 et 1er de la Convention additionnelle du 11 décembre 1871…

La loi du 5 août 1914 indique que tout Alsacien-Lorrain contractant un engagement dans un régiment étranger de l’armée française pour la durée de la guerre obtiendra, d’office, la nationalité française sans condition de résidence. Cet accord est opportunité est aussi offerte aux étrangers servant dans les armées étrangères au moment de la déclaration de guerre.
Mais, si le gouvernement a statué, le ministère de la justice émet quelques réserves et précise comment seront attribués les statuts de nationalité française dans une circulaire du 15 août 1914. Concernant les Alsaciens-Lorrains, c’est l’autorité militaire qui adressera, à la Chancellerie, les copies des actes des actes d’engagement et des demandes de naturalisation. Ensuite, la décision de naturalisation sera publiée au Bulletin des Lois.
C’est ce chemin qu’a choisi Jean Jacques Frédéric ESSIG. Né le 25 juin 1882 à Mulhouse, de Johannes Jacob Friedrich et Sophie SCHWARTZ, sa seconde épouse, il est de nationalité allemande. En effet, son père est né à Öschelbronn, en Allemagne, et sa mère à Büron, en Suisse.
Ses parents étant décédés, Jean Jacques Frédéric, dessinateur, s’est installé à Paris, 28 rue Poissonnière, dans le 2ème arrondissement. Le 3 septembre 1912, il épouse sa compagne, Elisa Hélène DELAY, d’origine suisse. Il est clair qu’il a choisi la France comme pays d’adoption et la loi du 5 août 1914 lui donne l’opportunité de changer de nationalité aisément, d’autant que la guerre a éclaté entre ses deux pays : celui de ses origines et celui où il vit.
C’est ainsi qu’il s’engage au titre de la Légion Etrangère le 19 août 1914. Il est de suite affecté au 2ème Régiment Etranger, en place à Rouen.

Ayant demandé, au moment de cet engagement, la naturalisation, Jean Jacques Frédéric ESSIG est affecté au 74ème Régiment d’Infanterie le 26 août suivant. C’est ainsi que la nationalité française lui est accordée le 22 septembre 1914.
Jean Jacques Frédéric poursuit donc sa « carrière militaire » en passant au 39ème Régiment d’Infanterie le 22 septembre 1914. Il est face à ses frères ennemis lorsqu’il est fait prisonnier le 16 février 1915 à Hermonville, dans la Marne.

Il est tout d’abord interné au Lazaret de Hombourg, puis envoyé au camp de Ebenberg, à Landau, en Allemagne, le 29 mai 1915. Il termine sa captivité en centre de soins à Wilderswil, en Suisse d’où il est rapatrié le 13 juillet 1917.
Son séjour dans les camps de prisonniers fait qu’il est classé dans le service auxiliaire par la Commission de Réforme de Versailles, le 30 août 1917 : il est anémié, amaigri et fatigué. Il rejoint la 24ème Section de Commis et Ouvriers de l’Administration le 26 décembre de la même année. Il sera maintenu dans cette situation jusqu’à la démobilisation le 11 mars 1919, date à laquelle il décide de se retirer à Mulhouse.
Il revient résider à Paris où sa femme, Elisa Hélène DELAY, décède le 21 septembre 1938. Jean Jacques Frédéric ESSIG s’éteint le 26 août 1968 à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne.
Breton, je n’ai pas eu l’occasion de croiser ce type de parcours de vie dans mes recherches. Article très intéressant !
Merci beaucoup ! Dans ma famille : beaucoup d’Alsaciens…
Bravo pour cette belle entrée en matière et excellent challengeAZ !
Merci, j’espère assurer tout le long…
Comme « Petite histoire de nos ancêtres » et « Genealogie Alsace », quand on voit l’histoire mouvementée de cette région, c’est un Challenge qui va surprendre les gens du Sud-Ouest (comme moi).
Mon Challenge ne couvrait pas l’Alsace-Lorraine mais tous les textes de lois qui ont pu être votés du 1er août 1914 au 31 décembre 1918. Les textes peuvent concerner les militaires mais aussi tout ce qui peut être utile au généalogiste et qui n’est pas suffisamment connu… J’espère avoir appris certaines choses à certains lecteurs.. Merci de m’avoir lue !