Il est toujours très triste de découvrir les abandons d'enfants. Ne l'est-ce pas encore plus pour une maman ?...
Victor Louis ODOF
Né le 9 avril 1870 à Paris, 18ème, il est fils de Adèle Adélaïde Romaine, 19 ans, blanchisseuse. Cette dernière le dépose à l’Assistance de la Seine le 12 avril suivant.

Victor Louis épouse Angèle SAMIER, 29 ans, le 15 octobre 1906 à Beuvry, dans le Pas-de-Calais. Il est père de trois enfants : Michel, Michelle Léa et Gilbert Victor. Il décède à l’âge de 69 ans, le 22 février 1940.
Jules ODOF
Né le 1er janvier 1872 à Paris, 5ème, il est fils de Adèle Adélaïde Romaine, 21 ans, blanchisseuse. Comme pour Victor, Adèle dépose son fils à l’Assistance de la Seine, le 3 janvier suivant. L’Assistance note comme commentaire sur l’abandon « par mauvais vouloir de la mère ». Le 13, Jules est envoyé à Béthune, dans le Pas-de-Calais.

Houilleur, il épouse Marine DÉPLANQUE, le 26 décembre 1896 à Auchy-les-Mines. Veuf, il se remarie avec Stéphanie Augustine ROSIAUX, le 27 décembre 1902. Il est père de neuf enfants : Jules Alfred, Claire Stéphanie, Juliette Fernande, Théodule René, Jeanne Marie, Georgina, Germaine, Henri Désiré et Hélène Florine. Lors de la Première Guerre Mondiale, la famille est déplacée à Auzat-la-Combelle, dans le Puy-de-Dôme. C’est à Brassac-les-Mines, dans le même département, que Jules décède le 21 mai 1943 à l’âge de 71 ans.
Isidore Emile
Né le 1er février 1877 à Paris, 10ème, il est fils de Adèle Adélaïde Romaine, 26 ans, blanchisseuse. Etonnamment, et comme sa sœur, Marie, née en 1873 et décédée en 1874, il reste avec sa mère. Il a une petite sœur, Henriette, mais cette dernière décède à l’âge de 7 jours, en 1880. C’est parce que Adèle est hospitalisée en 1883 qu’Isidore Emile est placé à l’Assistance de la Seine, le 1er février 1883 : il a tout juste 6 ans. Le 24 mai, il est envoyé à Arnay-le-Duc, en Côte-d’Or.

Le 30 avril 1904, à Héricourt, en Haute-Saône, il épouse Anne Marie WERLÉ; Le couple a une fille, Marguerite Lucienne. Il décède le 11 mars 1948 à Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, à l’âge de 71 ans.
Marie Jeanne ODOF
Née le 11 mars 1881 à Paris, elle est fille de Clémentine Rosalie, 19 ans, blanchisseuse. Aucun dossier d’abandon, pourtant, elle décède le 19 septembre 1881 au domicile de la famille où elle est placée, M. et Mme Louis François CAUCHARD. Elle aurait été placée en nourrice.

René Henri ODOF
Né le 17 janvier 1883 à Paris, 6ème, il est fils de Anna Jeanne Victoire, confectionneuse, 17 ans. Abandonné à l’Assistance de la Seine, il est envoyé à Moulins-Engilbert, dans la Nièvre, le 17 février suivant.

Il épouse Marguerite CHARLEUF, originaire de la Nièvre, le 3 juillet 1909 à Réau, en Seine-et-Marne. Le couple a une fille, Renée Emilienne. Veuf, René Henri se remarie avec Marie Louise LEGER, le 21 juin 1920, à Moissy-Cramayel. Le couple a une fille, Yvonne Pierrette.
René s’éteint à Moissy le 26 janvier 1960 à l’âge de 77 ans.
Jeanne Louise ODOF
Née le 24 juin 1885 à Paris, 6ème, elle est fille de Anna Jeanne Victoire, giletière, 19 ans. Elle est abandonnée le 10 juillet et envoyée à Autun le lendemain, sa mère étant jugée « indigente ».

Jeanne se marie le 26 octobre 1905 à Paris, 10ème, avec Michel Odyle GAILLOT. Au décès de ce dernier, elle se remarie, le 25 février 1928 à Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne.
Jeanne s’éteint le 19 juillet 1942 à Paris, 14ème, à l’âge de 57 ans.
Complément
- Adèle Adélaïde Romaine décède le 25 décembre 1883 à Paris, à l’âge de 32 ans,
- Clémentine Pauline décède le 10 octobre 1882 à Paris, à l’âge de 20 ans,
- Anna Jeanne Victoire se marie le 10 octobre 1901 avec René Toussaint GUILLEMIN et décède le 8 septembre 1908 à Paris, à l’âge de 42 ans.
Ces trois mamans étaient sœurs, toutes filles de Isidore Louis, tailleur, et Louise DEVALLÉE.
Victor Louis et Jules se sont fréquentés : l’un était présent au mariage de l’autre…
Hormis les enfants décédés en bas âge, tous ces enfants placés à l’Assistance de la Seine ont une descendance aujourd’hui.
Il ne faut pas confondre mise en nourrice et abandon à l’assistance publique.
Sophie, les deux termes ne sont pas confondus : Marie « n’a pas de dossier d’abandon, elle aurait été mise en nourrice » puisque l’acte de décès dit bien qu’elle était en nourrice…
C’est la phrase « Aucun dossier d’abandon, portant elle décède…. ”qui sous entend qu’il devrait y avoir un dossier. Alors qu’il n’y a pas de raison. Ce n’est pas la même mère…