Le site Mémoire des Hommes répertorie les noms de 10460 Morts pour la France originaires de Tunisie. Combien se sont engagés dans les rangs de l'armée française ?...
L’article unique de la loi du 13 avril 1910 autorise les sujets tunisiens à contracter, dans les corps français de l’armée métropolitaine et coloniale stationnés en France et dans l’armée de mer, des engagements volontaires de trois, quatre ou cinq ans. Ainsi, le décret du 28 juin 1910 est plus restrictif :
- Les corps français de la métropole pouvant accueillir les sujets tunisiens sont les corps de troupes d’infanterie, de cavalerie, d’artillerie, du génie et du train des équipages de l’armée métropolitaine stationnés dans les 15ème et 16ème régions militaires.
- Le sujet tunisien doit être âgé de 18 ans au moins et de trente ans au plus, être reconnu apte physiquement au service armée par un médecin militaire, n’avoir encouru aucune condamnations, être de bonne moralité et justifier de parler et écrire le français, en présentant une copie du certificat d’études primaires ou tout autre diplôme supérieur, soit avoir réussi à un examen.
La déclaration de guerre remet en question ce décret. L’article unique du décret du 10 août 1914 précise que les sujets tunisiens peuvent s’engager à partir de l’âge de dix-sept ans, pour la durée de la guerre et dans tous les corps de troupes de l’armée métropolitaine et coloniale stationnées en France.

Le décret du 16 septembre 1915 précise que les indigènes tunisiens appelés n’ont droit qu’à la solde journalière des Français, sans autre supplément. Toutefois, quand ils prennent part à des opérations de guerre en dehors de l’Afrique du Nord, ils ont droit à la solde spéciale attribuée aux indigènes algériens, du jour inclus de leur débarquement au jour inclus de leur réembarquement pour l’Afrique du Nord.
Le même jour, la circulaire du Ministère de la Guerre précise les rémunérations pour les différents statuts des indigènes tunisiens :
Cette circulaire rappelle aussi que les sous-officiers indigènes nommés adjudants ont droit, avec leur solde journalière, à une indemnité de première mise en équipement et à une indemnité d’entrée en campagne égales à celles des adjudants français.

C’est ainsi que des engagés volontaires tunisiens ont pu obtenir la nationalité française par décret du 20 avril 1915, en application du décret du 3 octobre 1910, tels :
- HAMAYET Ali Othman, sergent infirmier à l’Hôpital de Fez, au Maroc, né en 1886 à Djemmal, Tunisie,
- MAHMOUD ben Ali Saieb, interprète militaire stagiaire à Guercif, Maroc, né en 1893 à Kallaa-Kebira, Tunisie,
- MANSOUR ben Saad Arjoub, interprète militaire auxiliaire stagiaire à Taza, Maroc, né en 1893 à Monamema, Tunisie
