Le 20 juin 1808, le lieutenant Marie Jeanne SCHELLINCK reçoit la Croix de la Légion d'honneur…
Née le 25 juillet 1757 à Gand, Marie Jeanne SCHELLINCK s’engage comme volontaire, le 15 avril 1792, au 2ème Bataillon belge.
Nommée caporal le 15 juin1792, elle prend part, dans les rangs de l’armée de Dumouriez, à la bataille de Jemmapes où elle est blessée de six coups de sabre. Aussitôt guérie, elle fait, en Belgique, la campagne de 1793, puis, promue sergent le 7 décembre 1793, elle participe à celle de 1794. L’année suivante, elle se bat en Hollande, passe en Italie où elle est citée à l’ordre du jour pour sa belle conduite à Arcole pendant les combats des 15, 16 et 17 novembre 1796.
Au cours de la campagne du printemps suivant, elle est faite prisonnière par les Autrichiens. Elle rentre en France le 11 juin 1798 après la paix de Camp-Formio. Mais en 1800, elle fait encore campagne en Italie et en 1804, elle est avec son régiment à l’armée des Côtes de l’Océan. Puis, quand Napoléon, obligé de se retourner contre la coalition qui vient de se former, renonce à son projet de descente en Angleterre et fond sur l’Allemagne, Marie Jeanne, sergent, est au nombre des combattants auxquels est due la victoire d’Austerlitz le 2 décembre 1805. Au cours de cette bataille, elle reçoit un coup de feu qui lui traverse la cuisse gauche et obtient l’épaulette de sous-lieutenant, dont le brevet lui est remis le 9 janvier 1806.
C’est donc en qualité d’officier qu’elle participe à la campagne de Prusse de 1806 et est de nouveau blessée, le 15 octobre à Iena. Enfin, elle guerroie en Pologne en 1807.
Là, les souffrances, les infirmités, l’âge la forcent à la retraite qu’elle avait bien méritée : âgée de 52 ans, 17 années de service, 12 campagnes, 8 blessures et une citation.
Le 20 juin 1808, l’Empereur Napoléon luis remet lui-même la croix « Madame, je vous donne sept cents francs de pension et je vous fais chevalier de la Légion d’honneur. Recevez de ma main l’étoile des braves que vous avez si noblement conquise. » Puis, s’adressant aux officiers qui le suivaient « Messieurs, inclinez vous respectueusement devant cette femme courageuse : c’est une des gloires de l’Empire. »
Lors d’un séjour de Napoléon 1er et son épouse à Gand, Marie Jeanne fut présentée à l’Impératrice qui lui fit cadeau d’une belle robe de soie, d’une broche et d’une paire de boucles d’oreilles. Marie Jeanne, abonnée du théâtre de Gand, ne manquait jamais d’arborer fièrement cette tenue et ces bijoux.
Agée de 83 ans, Marie Jeanne SCHERLLINCK s’éteint le 1er septembre 1840 à Menin, en Belgique.
Dans les rangs de l'armée française, à Jemappes, Marie Jeanne avait des émules dont les sœurs Félicité et Théophile de Fernig. Elles étaient filles d'un ancien officier qui commandait la garde nationale de Mortagne, et sœur de deux officiers, un servait dans l'armée des Pyrénées et l'autre dans l'armée du Rhin.
[Ces écrits, des uns et des autres, se recopient les uns et les autres. La réalité et la véracité des évènements et des dates peuvent porter à confusion d’autant qu’il est établi, historiquement, que Napoléon 1er se trouvait au château de Marracq à Bayonne, en ce jour du 20 juin 1808. Il y supervise la mise en place du règne de son frère Joseph Bonaparte, devenu roi d’Espagne, et il signe l’acte donnant une constitution au Royaume de Naples.]
Sources
– Gallica BnF – cote 7n17203 – « Quelques femmes françaises » – texte de Etienne Charavay – dessin de Clérice
– Gallica BnF – cote 4957 – 377 – « La Légion d’Honneur – 1802-1900 » – L. Bonneville de Marsangy
– Google Livres – « Madame Sans-Gêne et les femmes soldats – 1792-1815 » – Emile CÈRE
– Gallica BnF – Estampes – Pont d’Arcole – Austerlitz et Iéna